Dentropoblog

02 novembre 2011

Nosfera tooth - Le Vampire de Venise

Il y a 4 ans, des fouilles archéologiques organisées à Venise en Italie ont revelé des vestiges etonnants. Parmis les sepultures de pestiférés fouillées, les scientifiques ont découvert ce qui pourrait bien être...un Vampire!

Au cours des années 2006 et 2007, les responsables archéologiques de la ville de Venise ont promu un projet de recherche sur des fosses communes de l'Ile de Nuovo Lazzaretto située au Nord de la célèbre lagune. Au XVe siècle, par décret du Sénateur de la Sérenissime, cette île devient le siège du Devoir de prévention des contagions(compiti di prevenzione dei contagi). Ainsi, elle servit tout d'abord de dépôt de marchandises suspectées d'être infectées par la peste et examinées sur place, avant de devenir le tombeau des pestiférés des XVIe et XVIIe siècle.

Dracula_1931Les sépultures étaient disposées sur différentes couches stratigraphiques et parmi les os humains fragmentés et mélangés, une inhumation inhabituelle a été découverte. Il s'agit d'un corps de femme disposé sur le dos, la moitié supérieure du thorax intacte, les bras parallèles à l'axe du rachis, et les articulations anatomiquement saines. Jusque là, rien de très étonnant.

En revanche, ce qui a surpris les chercheurs Emilio Nuzzolese, et Matteo Borrini, c'est la présence d'une brique de taille moyenne à l'intérieur de la bouche largement ouverte du corps. Les données recueillis par les scientifiques et publiées dans le Journal of Forensic science en novembre 2010 montre que la présence de cette pièce n'est en rien d'origine taphonomique comme un effondrement de pierre ou un déplacement dû à un rongeur, etc. Autrement dit, elle a belle et bien été mise là par quelqu'un.

Les chercheurs ont donc conclut que le positionnelement de la brique était intentionnel et même attribué à un rituel d'enterrement symbolique bien connu de cette époque: conjurer le sort en clouant le bec des vampires. Le fait que cet individu soit également lié aux morts de la peste confirme l'existence de croyances populaires à cette époque et peut-être même de liens de cause à effet entre les maux.

Quant aux canines du "vampire", rien ne laisse à croire qu'elles soient différentes de celles observées chez d'autres individus... Mais peut-être que nous sommes finalement tous des vampires assoiffés par autre chose que le sang.

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21 septembre 2011

oeil pour oeil, dent pour oeil !

Certaines pathologies de l'œil sont traitées grâce à des prothèses. Ces dernières peuvent parfois provenir de lieux surprenants... Ainsi les ophtalmologistes utilisent des dents pour les fabriquer et redonner la vue à des aveugles !

En septembre 2009, à Miami, une femme a retrouvé la vue grâce à une odonto-kérato-prothèse. Qu'est-ce que c'est que ça ? Odonto c'est une dent, kérato cela signifie artificielle et pour prothèse, pas besoin d'avoir fait latin première langue.

En français donc, une dent jouant le rôle de prothèse artificielle a été implantée dans l'œil de la patiente, pour remplacer sa cornée (voir schéma). Coupe_oeilElle a ainsi pu voir à nouveau le monde qui l'entoure. Cette technique est utilisée pour des patients qui ont des cécités bilatérales, ou des atteintes de la cornée et pour lesquels les greffes ne prennent pas car c'est une opération extrêmement lourde...

Jugez plutôt: Dans un premier temps, il faut mettre au point la prothèse. La canine du patient est extraite et va être découpée dans le sens de la longueur pour recevoir des lentilles en polyméthyl métacrylate (c'est une sorte de plexiglas, qui fait environ 3.5 mm de diamètre). Cette prothèse va ensuite être mise en couveuse dans la joue du patient ou dans... ses fesses (sic!) pour éviter la nécrose, pendant trois mois. Le second temps est celui de la greffe de muqueuse buccale pour renforcer le tissu prélevé. Et le troisième enfin, celui de la greffe proprement dite c'est à dire l'ouverture de l'œil et l'implantation de l'odonto-kerato-prothèse. Mais pourquoi utiliser une canine ?

Car tout réside dans le concept de biointégration. En fait, comme la canine appartient au patient, elle a plus de chance d'être acceptée, de ne pas être rejetée comme peuvent l'être les prothèses synthétiques. Cette technique a été mise au point par un chercheur italien dans les années 70. Elle n'est pas innovante en 2011 d'autant plus que le polyméthyl métacrylate utilisé pour l'optique est une molécule créée dans les années 40 ! Cependant, elle reste utilisée de façon exceptionnelle et c'est pourquoi elle est spectaculaire et surtout, s'inscrit dans une histoire.

Les possibilités de remplacer la cornée ne datent pas d'hier puisque la première prothèse oculaire a été découverte sur une momie égyptienne vieille de 3000 ans. Par la suite, au 17e siècle plus proche de nous, ce sont des système plus fonctionnels de fixation en argent qui ont été utilisés pour supporter des structures optiques en cristal de roche. Au début du 20e siècle ce sont les greffes de cornée qui sont tentées... avant d'être abandonnées dans les années 1940-1950 faute d'acceptation de la greffe par le receveur. C'est dans ce contexte que l'odonto-kérato-prothèse s'est trouvée une place vers 1960-1970. Depuis, d'autres technologies ont été développées et les cornées poussent désormais sur des membranes amniotiques Néanmoins, les techniques de reconstruction, même nouvelles, sont limitées. SI les chirurgiens sont en effet capables de reconstruire une cornée dans certaines conditions, ils sont en revanche incapables de refabriquer une rétine ou un nerf optique avec ces techniques.

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20 juillet 2011

Moyen-age les rois du brossage

Conversation_saints_01Qui a dit que nosancêtres avaient les dents pourries ? Il se pourrait bien qu’ils aient eu les dents en meilleurs état que les nôtres aujourd’hui…et il n’y a pas que le Coca-Cola qui serait en cause !

Nous sommes dans un petit village du sud de la France, au IXe siècle dans les Pyrénées-Orientales, entre Perpignan et Canet-en-Roussillon…à Vilarnau. Le soleil frappe fort dans cette région, les paysans du village travaillent dur sur les terres seigneuriales qui s’étendent à perte de vue. Cette situation va durer jusqu’au XIVe…Dans les années 1350, une épidémie de peste et l’arrivée des troupes venues d’Espagne déciment la moitié de la population qui abandonne alors le village.

Aujourd’hui de Vilarnau ne reste que des ruines traversées par une ligne électrique : on devine ainsi un château, une église, quelques maisons…mais surtout, le site fouillé entre 1997 et 2002 a permis aux archéologues de mettre à jour un cimetière de mille tombes et avec lui, des crânes entiers sur lesquels de nombreux chercheurs travaillent. C’est en étudiant prêt de 1400 dents sur une soixantaine d’individus que des scientifiques de Toulouse ont souhaité connaître le nombre de caries des habitants de Vilarnau (Revue de stomatologie et de chirurgie maxillo-faciale, février 2008). Petit rappel : dans la population générale en France, les caries touchent 25 à 50% des dents. A Vilarnau, les caries touchent 17% des dents ! Cela signifie donc que les gens du moyen-âge avaient bien moins de caries que nous. Ces résultats sont conformes à ceux observés par d’autres équipes européennes en Croatie, en Ecosse ou en Italie.

Comment expliquer ce phénomène lorsqu’on sait qu’en plus, la population ne se brossait pas les dents ? Une première réponse est à trouver du coté de l’alimentation. Non conditionnées, grossière, à base de céréales et peu sucrée, l’alimentation médiévale n’était en effet pas favorable aux caries.
Une seconde réponse pourrait être apportée par l’attrition (c’est le terme donné aux usures dentaires). Les aliments utilisés au moyen-âge sont durs et abrasifs, ils détachent la plaque dentaire des sillons des molaires et agiraient donc "un peu" comme une brosse à dent.
Enfin, la salive pourrait apporter le dernier élément de réponse. En effet, qui dit alimentation dure dit mastication plus importante et donc salivation plus importante. Or, la salive à un pouvoir neutralisant sur les attaques acides des bactéries qui digèrent les sucres (et qui sont à l’origine des caries). Il n’en faut pas plus pour envisager son action dans le faible taux de caries retrouvé dans l’étude !

S’ils avaient moins de caries, la publication ne dit pas si les habitants de Vilarnau avaient l’haleine fraîche !

Posté par jeremiebazart à 19:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]